ROSIE COULIBALY



Rosie Coulibaly, née au Mali, est arrivée à 
Versailles à l'âge de six ans. Comme elle ne parle 
pas français, en primaire elle développe tout de 
suite un talent particulier pour le dessin et la 
peinture qui deviennent ses moyens d'expression et de 
communication privilégiés. Ses institutrices 
l'encouragent et elle gagne le concours de dessin de 
fin d'année avec son "paradis" peuplé d'oiseaux 
colorés, de fleurs imaginaires et de grands arbres. 
Cette passion ne la quittera plus et aujourd'hui 
encore son univers est teinté de ses rêves d'enfance.  
Au collège elle obtient ses meilleures notes en arts 
plastiques et troque des dessins contre des exercices 
de maths.
A l'adolescence elle remplit ses cahiers de classe de 
silhouettes graciles, de robes bariolées, de lamés et 
de fils d'or. Son père tenait un atelier de 
confection à Bamako et petite elle récupérait des 
chutes de tissus pour faire des pagnes et des robes à 
ses poupées. Naturellement Elle s'oriente vers la 
mode. Elle fait son premier stage chez Gérard Darel 
puis travaille pour Xelu Beet.  
En 1999 elle crée avec son ami et son grand frère la 
société BE YOUNG dont elle devient la styliste. Elle 
dessine du streetwear très original mais aussi des 
modèles beaucoup plus audacieux et personnels, des 
tenues de scène futuristes pour des groupes de rap et 
des danseuses, des robes de soirée pour des "people". 
Diams, Lucy Liu, Pam Grier, ont porté leurs 
vêtements. Durant son temps libre elle se remet à la 
peinture et commence à travailler sur des collages. 
C'est en 2005 qu'elle trouve vraiment le mode 
d'expression qui lui correspond. Elle découpe en 
étroites bandelettes des photos de magazines féminins 
qu'elle assemble avec un oeil de brodeuse et un goût 
de coloriste pour créer des fonds et des motifs. A 
l'ère du "couper-coller" informatique et de 
photoshop, Rosie Coulibaly invente une méthode 
artisanale exigeante et minutieuse qui n'est pas sans 
rappeler les pointillistes ou les nabis.   

En 2006 elle se met en scène pour la première fois 
comme personnage avec "la vestale" et commence une 
série "d'autoportraits" d'inspiration onirique et 
légendaire. Son travail réinvente sa vie en héroïnes 
de contes, en figures théâtrales ou en personnages 
mythologiques. Couleurs, costumes et symboles 
composent un monde imaginaire qui, dit elle, "donne 
une dimension spirituelle à mon existence". Elle 
travaille comme une costumière créant robes et 
chapeaux mais à partir de bout de papiers. En 
styliste, elle choisit soigneusement les fleurs, les 
pierres, les bijoux et les divers accessoires qui 
finiront d'habiller sa toile, les animaux qui 
peupleront ses féeries.  
Rosie Coulibaly est une autodidacte habitée qui a 
choisi le collage pour s'exprimer mais à la manière 
d'un peintre choisissant sa palette. S'il fallait lui 
trouver des influences ou plutôt lui créer des 
repères en citant quelques noms je dirais Klimt, le 
Douanier Rousseau, Frida Khalo, Cindy Sherman, Pierre 
et Gilles. 
En fait, elle-même ne revendique qu'une inspiratrice, 
sa muse, Bjork. Les albums de la chanteuse 
accompagnent inlassablement son travail, la musique 
un peu "chamanique" et "l'inquiétante étrangeté" des 
textes résonnent avec l'univers onirique de ses 
collages. 

Pierre Fougères  (Texte pour La galerie. Centre d’art 
contemporain de Noisy le Sec. 2007.)